Thème 4

Pour un syndicalisme offensif, outil de défense et de promotion de l’enseignement professionnel public et de ses personnels

La France reste installée dans une crise économique profonde. En effet, les effets de la crise financière de 2007 sont encore bien présents et les répercussions sur les salarié-es n’ont fait que s’amplifier au cours des années. Les choix en termes de politiques économiques menées ont permis de renflouer les caisses des banques et ont regonflé les marges des grandes entreprises du CAC 40. Cela s’est fait au détriment des salarié-es et de l’investissement public. Les conséquences ont été la hausse du chômage et le développement de la pauvreté. Une politique d’austérité touche la Fonction publique et les fonctionnaires pour pouvoir verser les 40 milliards promis aux entreprises.
L’impact des politiques menées au niveau mondial, européen et national sur les populations est désastreux. Après le FMI, c’est maintenant l’OCDE qui reconnaît l’inefficacité des politiques d’austérité menées en Europe et appelle les États à investir massivement dans l’économie.
Ces politiques ont engendré en France comme dans beaucoup de pays en Europe des régressions sociales majeures. Malgré l’action menée pendant plus de 4 mois par les syndicats de lutte et de transformation sociale progressiste, nous n’avons pas pu éviter la publication de la loi Travail. Le démantèlement du Code du travail est à l’œuvre et il est à craindre dans les prochains mois la multiplication de pressions sur le salariat pour faire baisser le « coût » du travail au nom de la compétitivité. Les dégradations des conditions de travail risquent encore de s’amplifier.
Ces politiques d’austérité mettent aujourd’hui clairement en péril la démocratie et favorisent les reculs idéologiques. On assiste partout au repli des nations sur elles-mêmes, à la montée des idées des extrêmes droites dans la population… Attentats, état d’urgence ne font qu’alimenter le climat délétère en France, où la colère d’une partie croissante de la population qui rejette l’ensemble des hommes et femmes politiques fait craindre l’ascension au pouvoir de l’extrême droite. Le durcissement de la crise a favorisé l’émergence de certains mouvements démocratiques, ouvrant des perspectives inattendues que le mouvement syndical ne saurait ignorer. La campagne présidentielle et le débat qui s’installe en France autour de l’identité, des fonctionnaires et des services publics, ou encore du rôle de l’État, doivent être l’occasion pour les syndicats de se réunir et de se faire entendre sur la nécessité de mener enfin une politique économique et sociale au service de la population, pour une société plus solidaire et plus juste, pour un développement économique respectueux de l’Homme et de la nature, pour des services publics permettant d’assurer un développement au service de toutes et tous.

  1. L’ÉTAT DU SYNDICALISME

 1.1. Crise du syndicalisme français

Face à l’ensemble des défis qui sont devant nous, face aux reculs idéologiques et aux attaques de plus en plus violentes contre le modèle social français, le rôle des syndicats est plus que jamais essentiel. La faiblesse du mouvement syndical français est problématique. La modification de la répartition des emplois entre les différents secteurs (pertes lourdes dans le secteur industriel où les confédérations étaient fortement implantées), l’explosion de la précarité, la multiplication des statuts, l’ubérisation croissante de la société expliquent cette explosion des collectifs de travail. Ces mutations du salariat ont été peu ou mal prises en considération par les syndicats français. Dans l’ensemble de l’UE, le taux de syndicalisation moyen est de 23 %. En France, il plafonne à 10 % (15,2 % dans la FP et 5 % dans le privé) depuis une dizaine d’années, c’est trois fois moins qu’il y a 30 ans. Le taux de syndicalisation est souvent plus élevé dans les pays nordiques (environ 70 %) mais dans ces pays les syndicats versent les prestations sociales et les allocations chômage. La syndicalisation fait quasiment partie de l’emploi. Même si le taux de syndicalisation est faible en France, l’audience et la représentativité des syndicats restent importantes auprès des salarié-es et les syndicats ont démontré à plusieurs reprises leur capacité à mobiliser massivement les salarié-es.

Le développement de la société de consommation qui évolue avec l’e-commerce, des réseaux sociaux, d’une société de plus en plus individualiste et les reculs idéologiques ainsi que les processus d’individualisation au travail, l’éclatement du salariat partout dans le monde ne sont pas sans conséquences sur le développement syndical et sur l’action collective. Dans ce contexte, le syndicalisme français est touché par la défiance d’une partie croissante de la population. Cette crise de confiance a des conséquences sur notre capacité à mobiliser plus largement les salarié-es.

Dans un contexte de chômage de masse, la peur de se syndiquer est bien réelle. La peur des représailles, de l’engagement mais aussi le grand nombre d’organisations syndicales, expliquent en partie le faible taux de syndicalisation dans le privé (5 %). Les reculs des acquis sociaux enregistrés ces dernières années et encore très récemment avec la loi Travail ainsi que le manque de perspectives font qu’une partie des salarié-es se détournent des syndicats souvent considérés comme incapables de porter leurs revendications.

Cette défiance est alimentée aussi par les médias aux mains de quelques grands groupes financiers et par de nombreux politiques pour mieux les délégitimer. Cette défiance se traduit par le développement de coordinations antisyndicales, la multiplication de représentant-es non syndiqué-es. Les salarié-es forment ce que l’on appelle des « collectifs » et se déclarent parfois « a-syndicaux ».

Dans le secteur public, même si la syndicalisation est supérieure, elle n’en demeure pas moins insuffisante.

Bien souvent aussi, l’institutionnalisation et la bureaucratisation de syndicats ont éloigné des militant-es syndicaux des salarié-es. Elles ont rendu les pratiques militantes routinières, et ont créé des rapports de clientèle entre les syndicats et les salarié-es. Les salarié-es ont une vision utilisatrice et consommatrice des organisations syndicales. Ils/Elles les voient comme un vecteur d’informations comme tant d’autres. Dans ce contexte, il est de plus en plus difficile pour les syndicats de transmettre valeurs et idées pour le bien commun et dans l’intérêt général.

Les syndicats dits de lutte et de transformation sociale progressiste n’ont pas obtenu ces dernières années d’avancées sociales majeures. Ils ne peuvent donc pas s’appuyer sur une quelconque victoire pour susciter l’espoir vis-à-vis des salarié-es. Sauf mobilisations d’ampleur, ils sont souvent contraints de négocier des protocoles imposés par les gouvernements successifs et à se satisfaire d’avoir évité le pire ou parfois d’avoir obtenu des avancées qui restent minimes par rapport aux revendications des salarié-es. Les syndicats dits d’accompagnement se contentent eux de discuter dans le cadre qui leur est imposé en aménageant les accords à la marge.

Le syndicalisme de lutte se heurte aussi à des gouvernant-es qui imposent à marche forcée leurs réformes néolibérales. Ces dernières années ont montré les limites du dialogue social tel qu’il est pratiqué aujourd’hui. Ce dialogue s’apparente de plus en plus à un leurre, il s’agit le plus souvent d’un monologue de la part du gouvernement. Celui-ci tente d’associer les organisations syndicales à sa politique d’austérité alors qu’il devrait accepter de discuter et de négocier sur la base des revendications des organisations syndicales.

1.2. Élections professionnelles et représentativité

Lors des dernières élections professionnelles de 2014, non seulement la FSU n’a pas regagné sa 1re place dans la FPE mais elle a aussi enregistré un recul pour la première fois dans l’Éducation tout en restant 1re fédération de l’EN. Le SNUEP-FSU progresse en voix et en sièges mais moins que l’objectif fixé. Il consolide cependant son 2e siège en CAPN et augmente le nombre de sièges en CAPA. Certaines académies obtiennent un 1er siège, d’autres passent en première position.

Le SNUEP-FSU doit tout mettre en œuvre pour continuer à progresser. Cela passe par le développement d’un syndicalisme au plus près des préoccupations de la profession, un syndicalisme rassembleur et mettant les syndiqué-es au cœur de la vie démocratique de l’organisation. Construction des mandats et revendications, organisation et développement du syndicat, prise de décisions et construction de l’action sont autant de facettes de la vie syndicale que nous devons mettre en œuvre avec l’ensemble des syndiqué-es. Le SNUEP-FSU doit améliorer sa visibilité pour rendre compte des actions menées et des négociations effectuées. Il doit accentuer la communication envers les sections locales d’établissement.

La FSU doit de son côté analyser les causes de la baisse de la syndicalisation. Elle doit proposer un travail fédéral qui permette de continuer à se développer et à gagner en représentativité pour l’ensemble de ses SN. La FSU doit ainsi continuer à améliorer le fonctionnement de ses secteurs et de ses instances, améliorer sa lisibilité, développer les synergies entre SN pour améliorer son efficacité syndicale et celle de ses syndicats.

1.3. L’unité d’actions devenue impossible ?

Les nouvelles règles de représentativité et de signature des accords tendent à cristalliser le mouvement syndical autour de deux pôles, l’un d’accompagnement, l’autre de luttes et de transformation sociale progressiste. L’opposition entre ces deux pôles n’a fait que s’amplifier ces dernières années. La mobilisation contre la loi Travail aura été le point d’orgue de cet éclatement syndical. La recherche de l’unité d’action la plus large est nécessaire pour mobiliser massivement les salarié-es, mais n’est pas toujours suffisante pour obtenir des avancées. Dans un contexte qui risque d’être très dur pour les salarié-es du privé comme du public, il faut continuer à travailler à l’unité d’action au niveau interprofessionnel et au niveau FP. Pour cela, il faut construire des plateformes syndicales communes qui rassemblent largement et mettre en place des stratégies d’action susceptibles d’emporter l’adhésion du plus grand nombre. Aux stratégies d’appareils, les organisations syndicales doivent toujours privilégier la construction de mobilisations autour de revendications claires pour l’ensemble des agent-es de la FP en restant moteur pour construire cette unité. Dans les récents combats d’ampleur (loi Travail, réforme du collège), s’est forgée une unité syndicale. C’est un point d’appui. L’unité ne doit pas constituer une fin en soi mais être un outil qui corresponde à des valeurs et des luttes communes pour l’action. Elle doit être poursuivie largement pour faire avancer nos revendications.

Le SNUEP-FSU doit continuer à privilégier l’unité d’action large dans son secteur. Celle-ci doit, lorsque les actions sont transversales, privilégier, renforcer et dynamiser le travail intersyndical avec l’ensemble des SN de l’Éducation de la FSU.

1.4. Dispersion syndicale et réunification

La dispersion syndicale qui existe dans notre pays nuit incontestablement à l’efficacité des luttes. Les salarié-es ne perçoivent pas souvent les divergences qui peuvent exister entre OS et en font des « histoires de boutiques ». C’est pourquoi des rapprochements doivent s’opérer, au niveau des fédérations et confédérations, entre les OS ayant des orientations proches. Si l’éparpillement syndical apparaît comme un gage de pluralisme et de démocratie, c’est surtout un facteur d’affaiblissement que montre bien la baisse de syndiqué-es. C’est pourquoi un rapprochement avec des OS dont nous partageons un certain nombre de valeurs, de principes et de modes de fonctionnement peut nous permettre de retrouver une unité syndicale qui renforcerait la portée de nos revendications. La FSU a par ailleurs confirmé son mandat de réunification syndicale lors de son dernier congrès (cf. mandats FSU).

Ces discussions sont à mener en interne du SNUEP-FSU, il faut ouvrir et développer le débat avec l’ensemble de nos syndiqué-es, mener le débat au sein des instances du SNUEP mais aussi avec la CGT et Solidaires à tous les niveaux (sur ce qui nous rapproche et ce qui nous divise).

Afin de poursuivre la formation de nos militant-es, il est indispensable de mettre en place des modules de formation syndicale traitant de l’histoire du mouvement ouvrier et de la création de la FSU (luttes, acquis, grandes lois…) qui peuvent être introduits dans tous types de stages et réunions.

2. UN SYNDICALISME AU PLUS PRÈS DES PERSONNELS

Le SNUEP-FSU propose un syndicalisme qui lie la défense des intérêts des personnels de l’EPP et leurs revendications, à la question de la transformation sociale et de ses problématiques attachées. Le SNUEP-FSU rejette toute forme de syndicalisme d’appareil géré au sommet par des permanent-es syndicaux à vie, coupés des réalités quotidiennes du terrain, et réaffirme son engagement dans un syndicalisme démocratique proche des syndiqué-es, et à leur écoute.

Nous défendons un syndicalisme de masse, de progrès, de luttes et de propositions.

Le SNUEP-FSU doit continuer à développer ses propositions et ses actions à partir des revendications des personnels en évitant de se laisser enfermer dans un agenda ministériel.

Il doit développer l’information pratique en direction des collègues : questions-réponses, droit de retrait, accompagnement syndical, historique du droit du travail…

 2.1. Représentativité du SNUEP-FSU

Avec un taux de participation de 53,89 % soit une augmentation de 6,36 points, les PLP se sont mobilisé-es lors des élections professionnelles de 2014. Les résultats de ces élections ont confirmé le SNUEP-FSU comme 3e force dans l’EPP avec une augmentation de 573 voix (+ 0,6 %). De nombreuses académies ont progressé en voix et ont renforcé leur représentativité acquise en 2011. Le SNUEP-FSU maintient sa 1re place à Limoges et à Reims et devient 1re organisation syndicale à Dijon, Grenoble et Orléans-Tours. Cependant, sa représentativité ne pourra augmenter qu’en développant le SNUEP-FSU dans toutes les académies. L’implantation du SNUEP-FSU dans tous les LP, LPO, SEP, SEGPA et EREA doit être une priorité. Cela passe notamment par l’amélioration à tous les niveaux de notre outil syndical.

 2.2. Augmenter le nombre de syndiqué-es et développer le militantisme

La priorité reste l’augmentation significative de notre taux de syndicalisation. La syndicalisation se fait principalement dans les EPLE. Il faut donc être très vigilant sur l’implantation du SNUEP-FSU dans les établissements. La mise en place et le développement des SL doit donc être la priorité académique, leur accompagnement et leur formation est une nécessité. Le niveau le plus pertinent est au plus près du terrain. Le militantisme commence en général par la participation à des actions locales et à l’implication dans la vie syndicale de l’EPLE, il faut donc veiller à impliquer les syndiqué-es le plus tôt aux décisions prises, cela nécessite de consulter régulièrement l’ensemble des syndiqué-es. Il faut mettre en œuvre les conditions d’une implication plus forte des syndiqué-es au fonctionnement de notre organisation afin de les inciter à participer aux instances syndicales du SNUEP-FSU à tous les niveaux.

2.2.1. Développer l’outil syndical en impliquant davantage les syndiqué-es

Le développement du SNUEP-FSU, le renforcement de ses équipes syndicales, passent par la diversification de ses modes d’intervention. Réunions, stages de formation syndicale, diffusion de tracts et d’affiches, implication des militant-es sur des champs précis et tous les autres moyens de communication constituent des outils indispensables aux militant-es pour syndiquer et mobiliser. Le SNUEP-FSU national doit mettre en place des outils (fiches spéciales HIS, etc.) à destination des sections locales afin de permettre le développement des réunions d’information syndicale. Celles-ci doivent notamment permettre après le congrès de présenter les mandats du syndicat. Des permanences à l’ÉSPÉ pour informer et syndiquer les stagiaires doivent être mises en place dans toutes les académies. La syndicalisation doit être axée au plus près des syndiqué-es ; il faut donc développer les sections d’établissement avec des campagnes dès septembre. Ce doit être une des préoccupations de l’académie comme du national.

2.2.2. Notre axe prioritaire : développer le militantisme et notre présence dans les EPLE

Le rôle de la section locale est essentiel. Il faut veiller à ce que la section soit animée collectivement en essayant d’impliquer l’ensemble des syndiqué-es de l’établissement mais aussi en élargissant la syndicalisation. On veillera à ce que le/la SL soit élu-e tous les ans. Il est recommandé d’organiser et de répartir l’activité syndicale dès le début de l’année scolaire. Cette période doit aussi permettre de préparer les élections au CA de l’EPLE. La section locale doit avoir comme exigence d’être à l’écoute et aux côtés des collègues, elle veillera donc à informer et à impliquer le maximum de collègues aux décisions et actions prises au sein de l’EPLE. L’utilisation des RIS et le droit à formation syndicale doivent être utilisés à ces fins-là. La mise en place d’un réseau de SL permet la remontée des informations, des actions et des revendications pour une dynamique d’action départementale, voire académique. Le SNUEP-FSU veille à rester en contact avec les sections locales et à les consulter régulièrement notamment pour préparer les instances départementales ou/et académiques.

Le SNUEP-FSU doit développer des stratégies académiques pour développer son réseau de millitant-es et renforcer sa présence dans les EPLE. Dans ce cadre, des stages départementaux à leur destination doivent être organisés par l’académie pour encourager leur implication.

En l’absence de syndiqué-es dans les établissements, le SNUEP-FSU académique ou départemental s’appuiera sur les réseaux des autres syndicats de la FSU (SNEP, SNES, SNUipp, SNASUB…) pour s’y implanter.

La participation aux diverses instances de la FSU académique et régionale ainsi qu’un travail commun régulier, permet de mettre en place un travail fédéral ainsi qu’un développement des synergies avec les syndicats concernés pour constituer une présence FSU dans tous les EPLE, afin notamment de préparer les élections professionnelles.

Dans un souci de continuité et de renouvellement des responsables syndicaux, la section académique doit développer la formation des nouvelles et nouveaux militant-es. La réunion régulière des instances, espaces de pratiques syndicales et démocratiques, doit contribuer pleinement à cette formation. Le SNUEP-FSU doit avoir le souci permanent d’élargir et renforcer sa base militante en ayant une attention particulière pour développer l’implication des jeunes et des femmes. Il doit améliorer la visibilité de la FSU en présentant des listes FSU lors des élections aux CA des EPLE – en mettant entre parenthèses la liste des syndicats concernés.

2.2.3. Créer une véritable animation départementale

Partout où les forces le permettent, les militant-es animeront le niveau départemental pour participer pleinement au développement syndical. L’échelon départemental est un échelon essentiel à développer et peut jouer un rôle moteur dans l’activité et la syndicalisation, nous devons lui en donner les moyens.

2.2.4. Se développer dans toutes les sections académiques

Il faut absolument renforcer l’ensemble des sections académiques de façon à avoir des structures plus efficaces, pour progresser et gagner les prochaines élections professionnelles. Les instances nationales ainsi que les académies limitrophes doivent pouvoir suivre les académies où le SNUEP-FSU se développe en concertation avec les responsables des SN et des SD de la FSU et proposer une aide concrète au développement académique. Il faudra aussi trouver des synergies entre académies dans les nouvelles grandes régions.

2.2.5. Au niveau régional

La loi du 5 mars 2014 sur la formation professionnelle ainsi que la loi NOTRe qui fusionne une partie des régions entre elles, nécessitent que le SNUEP-FSU questionne son organisation territoriale. Il faudra avec la FSU faire le bilan de la mise en place des nouvelles régions et des conséquences sur l’activité syndicale de la FSU et du SNUEP-FSU. Plus globalement, il faudra aussi faire le bilan du fonctionnement des CREFOP.

Le SNUEP-FSU doit poursuivre et amplifier son travail dans les régions notamment avec les syndicats de la FSU concernés du 2nd degré, mais aussi créer une synergie avec le SNUTEFI, le SNETAP… La mise en place de coordinations inter-académiques semble désormais indispensable pour gagner en efficacité syndicale au niveau de la région. Cette nouvelle organisation territoriale et les nouvelles compétences données aux régions posent un certain nombre de questions.

Dans les régions comportant plusieurs académies, il est indispensable de mettre en place une coordination régionale interacadémique composée de membres des bureaux académiques.

Le SNUEP-FSU continue à demander que les représentant-es au CREFOP bénéficient de moyens syndicaux pour assurer correctement le travail.

2.2.6. Militer, c’est élaborer collectivement

La mutualisation du travail effectué dans chaque académie par les SA et les commissaires paritaires pour laisser moins seul-es les militant-es, leur faire gagner du temps et de l’efficacité (déclarations, bulletins académiques, communication aux adhérent-es…) doit se développer. Les actions doivent être davantage diffusées dans les académies pour montrer et expliquer le travail effectué (déclarations, votes, déplacements dans les établissements…). De l’aide pourrait être fournie par les académies limitrophes afin de contribuer au développement des académies en devenir, avec un pilotage national. L’ensemble de cette démarche ne peut être que bénéfique et relève de l’intérêt général du syndicat. Le SNUEP-FSU devra développer des outils de travail collaboratif et des espaces de mutualisation accessibles à l’ensemble des militant-es de l’organisation.

2.2.7. Augmenter la prise de responsabilité des femmes

Au SNUEP-FSU les femmes sont plus fortement syndiquées que les hommes : 54 % alors qu’elles ne représentent que 49,5 % dans la profession. Par contre, les femmes ne s’investissent pas dans la prise de responsabilité des diverses instances nationales : 45 % des titulaires du CN élu en décembre 2016 et encore moins dans les secteurs (2 secteurs n’ont que 16,6 % de femmes) ou dans les académies (5 SA Femmes pour 13 SA Hommes et les autres académies ont des coSA dont certains ne sont parfois que masculins). La prise en charge des frais de garde des enfants doit être prise en compte.

La co-responsabilité correspond mieux aux nouvelles attentes en termes d’équilibre vie militante/vie personnelle et profitera aussi bien aux femmes qu’aux hommes. Cela nécessite de repenser l’investissement militant, l’organisation des réunions, les charges de travail, le suivi de dossiers… La formation est là aussi primordiale tout comme pour les jeunes.

Un module de formation type doit être proposé aux sections académiques et au niveau national par le secteur laïcité droits et libertés.

2.3. S’ancrer encore plus dans la FSU

2.3.1. Renforcer le travail fédéral au niveau national

Aujourd’hui, le SNUEP-FSU est présent dans toutes les instances de la FSU. Nous avons amélioré notre participation aux instances : du CDFN, du BDFN et depuis la rentrée 2013 participation au secrétariat fédéral. Cette meilleure prise en compte du SNUEP-FSU permet d’être mieux associé aux décisions fédérales et d’accéder à l’ensemble des informations. Il est incontestable que la place du SNUEP dans la FSU s’est nettement améliorée.

Cependant, par manque de forces militantes, nous ne sommes pas encore en capacité d’investir l’ensemble des secteurs de la FSU. Suite au dernier congrès FSU, la restructuration des secteurs doit être l’occasion pour le SNUEP de s’impliquer plus facilement sur certains dossiers fédéraux. Si les questions éducatives restent primordiales, les questions FP ou de service public ne doivent pas être délaissées car elles ont un impact direct sur notre champ de syndicalisation. Ce travail dans les secteurs de la FSU doit être utile au SNUEP mais il doit aussi permettre d’enrichir la réflexion syndicale du SNUEP sur l’ensemble des dossiers prioritaires pour notre organisation. Cela doit aussi permettre le renouvellement des militant-es. Il faut travailler à en former de nouveaux.

2.3.2. Implication du SNUEP-FSU au niveau local

Les responsables peuvent s’investir dans les instances départementales et développer les liens nécessaires pour la prise en compte de l’ensemble de nos problématiques mais la priorité doit rester le développement des sections académiques du SNUEP. Il faut donc éviter que le temps militant soit accaparé par le fonctionnement des SD ou CFR FSU. Une attention particulière doit aussi être apportée à la représentation du SNUEP dans les différentes instances fédérales afin d’éviter de couper les militant-es de la « base ». Un équilibre entre le travail de terrain et la représentativité du SNUEP doit être recherché afin de favoriser le développement de notre organisation. L’implication du SNUEP-FSU dans les sections départementales de la FSU ne doit pas obérer le développement de notre OS.

3. SYNDIQUER ET MILITER AU SEIN DU SNUEP-FSU : NOS PERSPECTIVES

L’objectif est de devenir le premier syndicat de la voie professionnelle publique. Le mandat du congrès de Dinard 2014 reste d’actualité, poursuivre le développement et l’implantation du SNUEP-FSU.

 3.1. Quelles stratégies de développement ?

Aujourd’hui la communication et surtout les nouveaux moyens de communication se développent auprès de la population mais particulièrement chez les jeunes. Nous devons amplifier cette nouvelle forme de communication (site, newsletter, twitter, facebook…) tant au niveau national qu’académique, notamment à destination des jeunes.

La formation est aussi un enjeu important du développement, tant pour l’information que la rencontre de collègues. Lorsqu’il est difficile de réunir dans un département, sans doute faut-il se rapprocher du Snes et du Snep sur au moins les stages à thèmes communs, voire de la FSU.

Les questions du développement du SNUEP-FSU, de la stratégie de développement au niveau de l’académie, des objectifs en termes de syndicalisation doivent être mieux traités dans les académies. Ces questions devraient être abordées régulièrement dans les instances académiques.

 3.2. Renforcer la syndicalisation

3.2.1. Syndicalisation des jeunes collègues 

Le contexte actuel rend difficile la syndicalisation et n’attire pas les jeunes. Pourtant les régressions sociales et les conditions dégradées de l’exercice du métier nécessitent un fort mouvement de défense de l’EN et des services publics. C’est par l’animation de réunions syndicales dans les établissements et la tenue régulière d’instances (académiques et départementales) sous les différentes formes disponibles (bureaux, stages…) que l’on pourra faire passer des messages et faire prendre conscience à l’ensemble de la profession de l’importance des combats à mener contre l’idéologie libérale qui amène aux régressions sociales et aux replis identitaires.

3.2.2. Syndicalisation des non-titulaires, des CPE, des AED 

Le SNUEP-FSU se doit de poursuivre son travail en commun avec le Snes qui les syndique aussi : liste et travail en CAPA, travail sur les missions…

Malgré les divers plans de titularisation, les non-titulaires sont toujours très nombreux/euses et cela risque de s’amplifier si les prochains gouvernements veulent à nouveau diminuer le nombre de fonctionnaires alors que les missions restent présentes. Dans ces cas-là, il est fait appel à des personnels qui servent de bouche-trous corvéables -sans formation- et jetables. Il est important de les syndiquer pour les aider à défendre leurs droits et à en acquérir de nouveaux : la création des CCP en 2008 a permis une plus grande implication des non-titulaires dans leur carrière.

La défense des non-titulaires doit être une priorité, notamment l’accueil et l’accompagnement des enseignant-es en CDD, afin de les fidéliser.

3.2.3. Syndicalisation des retraité-es

La syndicalisation des retraité-es est un enjeu pour le syndicalisme mais aussi pour montrer qu’il n’existe pas une frontière infranchissable et que les retraité-es participent toujours à la vie sociale. La société ramène trop souvent « la vie » sociale aux salarié-es laissant de côté les inactives/inactifs et les retraité-es. De plus, cela permet de maintenir des liens intergénérationnels qui peuvent être une dynamique pour le syndicalisme. Il ne faut pas sous-estimer les points positifs apportés par les retraité-es. Ils peuvent être d’une grande aide dans certaines tâches syndicales quotidiennes et leur expérience peut être mise à profit lors de formations ou de stages. Nous devons avoir des référent-es à tous les niveaux du syndicat et une communication régulière dans la presse syndicale. Nous devons créer un groupe de travail des retraité-es du SNUEP-FSU nationalement et porter la participation du SNUEP-FSU dans la SFR nationale, chargée de favoriser la production et la diffusion des informations dans ce domaine à l’ensemble des adhérent-es retraité-es et futur-es retraité-es.

 3.3. Développer la formation syndicale

Le SNUEP-FSU a développé depuis 2 ans une politique de formation au niveau national. Malgré une offre de formations diversifiées, l’ensemble des stages n’a pas fait le plein. Il faut réfléchir collectivement à améliorer l’attractivité des stages, aux contenus de formation et plus globalement à la stratégie de formation à mettre en place au niveau national.

Cette stratégie de formation peut aussi s’appuyer sur les stages organisés par la FSU, ou aussi sur une mutualisation, une co-animation des stages et des outils de formation des autres syndicats de la FSU.

Le niveau national doit mettre en place des formations polyvalentes sur 2 jours ou plus et ouvertes à tou-tes les syndiqué-es. Les secteurs du national pouvant aller animer des stages dans les départements, les territoires et les sections académiques.

Le SNUEP-FSU national doit développer des stages décentralisés qui permettraient une mobilisation plus forte. Avoir des « plaquettes » de présentation des stages avec les contenus précis, les intervenant-es, suffisamment tôt dans l’année. Cette présentation sera un atout mobilisateur sur le terrain.

3.4. Les alliances avec les autres syndicats dans le cadre des élections professionnelles

Aujourd’hui le SNUEP-FSU doit continuer à progresser au niveau des CAP et conforter sa place dans toutes les instances départementales et académiques aux côtés des autres syndicats de la FSU. En progressant aux prochaines élections professionnelles, le SNUEP doit œuvrer au fait que la FSU retrouve sa 1re place dans la FPE. Il doit ainsi être présent partout sur les listes aux CT et s’investir pleinement dans les campagnes communes des 9 syndicats de l’EN de la FSU. Son objectif reste inchangé depuis sa création : continuer à se développer partout, progresser encore aux prochaines élections professionnelles pour devenir le 1er syndicat de l’EP.

La lisibilité de l’ensemble des syndicats de la FSU, et donc du SNUEP, doit être préservée, de même la représentativité du SNUEP-FSU doit être assurée dans toutes les instances CTD, CTA, CHSCTD, CHSCTA, CCREFP…

Le SNUEP-FSU rappelle donc sa volonté de présenter des listes partout sur le territoire. Il faut donc se donner les moyens de faire des listes pour les CAPA des PLP partout et s’appuyer sur les structures militantes des SN de la FSU qui peuvent aider le SNUEP dans les académies où il est encore peu développé.

En effet, la constitution de listes communes avec la CGT au niveau des CAP ne serait pas sans conséquence sur le développement du SNUEP-FSU. Nous savons que les CAP sont des instances pivots. La constitution d’une liste commune n’a pas été jusqu’à présent un gage de développement du SNUEP-FSU dans une académie, elle ne peut être envisagée avec un autre syndicat qu’après débat entre le niveau académique et le national.

3.5. Pour un syndicalisme de lutte et de transformation sociale progressiste majoritaire

Le SNUEP-FSU poursuit et doit amplifier son développement dans toutes les académies. Confronté à une offensive contre l’EPP, le SNUEP-FSU doit tout mettre en œuvre pour construire un syndicat majoritaire dans les LP. Ce développement ne doit pas empêcher la poursuite de la mise en œuvre de l’unification syndicale. Lors de son dernier congrès, le SNUEP-FSU s’est mandaté pour œuvrer à un rapprochement avec les OS qui se revendiquent de la transformation sociale notamment la CGT Éduc’Action et Sud Éducation. Malgré le contexte difficile, le SNUEP-FSU a été à maintes reprises à l’initiative de l’intersyndicale nationale de l’EP et de son maintien. Mais cette dynamique a parfois du mal à se développer à tous les niveaux : local, départemental, académique et national.

La FSU est aussi un échelon privilégié de discussion avec les autres organisations syndicales pour dépasser le cadre de l’enseignement professionnel et élaborer des propositions intersyndicales communes. Il faut développer un travail permanent avec la CGT et Solidaires, à tous les niveaux, pour des moments de réflexion et la mise en commun des mandats et des revendications.