Thème 1 – Fiche 5

Des enseignant-es formé-es,
mieux rémunéré-es
et accompagné-es dans le métier

 

5.1. RECRUTEMENT

Ces dernières années, les concours de recrutement des enseignant-es de la voie professionnelle sont confrontés à une crise grave et durable. En effet, pour la session 2016, ce sont 842 postes sur 3167 (26,6 %) qui n’ont pas trouvé preneur. D’après une étude du Cnesco, « le nombre de candidats aux concours de professeur de lycée professionnel a été divisé par deux ». L’une des explications avancées est l’absence de « cursus universitaire de niveau master, bloquant l’accès aux concours pour de nombreux professionnels en activité ». Pour pallier cette crise, le SNUEP-FSU, à l’instar de la FSU, réclame la mise en place d’un réel plan de pré-recrutement et une revalorisation des salaires des enseignant-es.
Le SNUEP-FSU se dote d’un mandat d’étude sur les pré-recrutements.

5.2. FORMATION UNIVERSITAIRE INITIALE

5.2.1. Carte des formations
La masterisation en 2010 devait améliorer la qualité de la formation, elle n’a fait que renforcer les inégalités. L’offre de master MEEF spécifique PLP est très insuffisante notamment dans le domaine professionnel et inégalement répartie sur le territoire (les offres les plus complètes de formations se situent dans les académies accueillant les grandes métropoles tandis que les DROM se trouvent le plus souvent délaissés). Le SNUEP-FSU revendique la mise en place d’une carte de formations nationale incluant aussi les territoires ultramarins.

5.2.2. Contenus de formation           
Les étudiant-es PLP sont trop souvent regroupé-es avec d’autres disciplines voire d’autres corps (CAPES ou CAPET), en raison de leur faible effectif et ne bénéficient pas de contenus spécifiques. Les formations doivent assurer la préparation au concours, l’obtention d’un master et la préparation au métier de PLP pour tou-tes les étudiant-es et emplois aidés. Dans le cadre des masters MEEF, le SNUEP-FSU demande une sensibilisation à l’égale dignité des 3 voies du lycée ainsi qu’à la spécificité de l’enseignement professionnel sous statut scolaire.
Le SNUEP-FSU revendique la réelle existence d’options PLP dans les masters MEEF, avec des moyens dédiés.

5.2.3. Emploi Avenir Professeur
Les EAP ont disparu pour être remplacés, depuis 2015, dans certaines académies-tests par… des EAP (étudiant-e apprenti-e professeur-e). Ce dispositif d’abord mis en place dans le primaire a été étendu en 2016 à certaines disciplines du secondaire même s’il ne touche pas encore l’enseignement professionnel. Le SNUEP-FSU s’est clairement mandaté contre l’apprentissage pour la formation des enseignant-es.

5.2.4. Formations des non-titulaires
Pour pallier le manque d’enseignant-es dans la voie professionnelle, le MEN recourt aux contractuel-les, non formé-es : ils/elles représentent 10 % des professeur-es intervenant en LP contre 4 % dans les LGT. Les examens réservés devaient réduire cette situation, or 60 % des postes ne sont pas pourvus en 2016.
Pour le SNUEP-FSU, les non-titulaires doivent bénéficier, dès le début de leur contrat, d’une formation et d’un suivi pour accomplir leur mission d’enseignement.
Pour le SNUEP-FSU, les non-titulaires doivent bénéficier, dans le cadre de la préparation du concours, d’une formation et d’une décharge de service.
Pour les concours réservés, tou-tes les enseignant-es doivent bénéficier d’un accompagnement par le corps d’inspection pour la réalisation du dossier RAEP.

5.3. FORMATION DES STAGIAIRES PLP

5.3.1. La formation des enseignant-es a tenté de prendre en compte la spécificité des situations des stagiaires PLP mais reste insuffisante faute de moyens. Dès la première année de la mise en place de la réforme, près de 70 % des PLP ne bénéficiaient pas de formation. L’an dernier, ce sont encore 30 % des PLP stagiaires qui n’en bénéficiaient pas.
Le SNUEP-FSU revendique que tou-tes les PLP, quelle que soit leur voie de recrutement, aient un accès à la formation professionnelle.

5.3.2. Pour les disciplines des métiers qui bénéficient de dérogations pour se présenter au concours faute de diplômes au niveau III, une formation orientée vers la pédagogie, la didactique et des modules sur la connaissance du système éducatif doit impérativement être généralisée.

5.3.3. Le SNUEP-FSU demande que les stagiaires PLP bénéficient de manière systématique d’une première formation à l’enseignement adapté.

5.4. LE STAGE

Comme déjà affirmé dans nos mandats précédents, le SNUEP-FSU s’oppose à ce que les stagiaires soient utlisé-es comme des moyens d’enseignement à temps plein et revendique pour tou-tes les lauréat-es des concours (PLP, CPE, CPIF) un maximum d’un tiers de service en responsabilité. Ce temps doit être pris sur le service du tuteur ou de la tutrice. Cela permet la prise en charge progressive en responsabilité et favorise les échanges.
Le SNUEP-FSU refuse que les professeurs stagiaires prennent en charge le secrétariat d’examen alors même qu’ils ont encore des examens dans le cadre de leur formation à l’ÉSPÉ.

5.5. ÉVALUATION DES FONCTIONNAIRES STAGIAIRES

Les jurys d’évaluation des fonctionnaires stagiaires PLP sont composés de 5 à 8 membres, nommés par le/la recteur/trice parmi les membres des corps d’inspection, les chef-fes d’établissement, les enseignant-es chercheur-es, les professeur-es des écoles et les formateurs/formatrices académiques. Les professeur-es du 2nd degré en sont donc exclu-es. Le SNUEP-FSU demande que des enseignant-es PLP hors formateurs et formatrices soient présent-es en plus dans les jurys d’évaluation.
Les stagiaires convoqué-es à l’entretien doivent pouvoir être accompagné-es par un-e élu-e du personnel. Les propositions de non titularisation doivent être présentées en CAP.

5.6. ÉSPÉ

5.6.1. Élections conseils d’école
Les élections des conseils d’école des ÉSPÉ se sont déroulées dans de très mauvaises conditions, véritable déni de démocratie. Certain-es formateurs/trices des ÉSPÉ se sont vu-es refuser le statut d’électeur/trice ! Les étudiant-es inscrit-es en M2 MEEF peuvent voter dans des ÉSPÉ, mais ont été exclu-es des listes ailleurs. Le calendrier très contraint a entraîné une faible participation.
Le SNUEP-FSU demande un meilleur fonctionnement démocratique des diverses instances avec l’instauration du vote par correspondance ainsi qu’une meilleure représentation de l’EPP dans la gouvernance des ÉSPÉ.

5.6.2. Formateurs/Formatrices ÉSPÉ
Pour le SNUEP-FSU, dans toutes les disciplines des stagiaires, chacune des ÉSPÉ doit intégrer des formateurs/formatrices PLP y compris dans les disciplines rares ainsi que des formateurs/formatrices de terrain (tuteurs/tutrices, conseiller-es pédagogiques…) et organiser une formation spécifique pour ces formateurs/formatrices.

5.7. FORMATION CONTINUE DES PLP

Le SNUEP-FSU a dénoncé l’appauvrissement de la formation continue des enseignant-es qui bien souvent ne se réduit qu’à une formation en lien avec les réformes institutionnelles (nouveau bac pro, nouveaux programmes, réforme du collège…). Le SNUEP-FSU demande que la formation continue, qui doit être une des missions des ÉSPÉ, soit inscrite comme une priorité de notre ministère.

Le SNUEP-FSU demande que l’accès à la formation continue soit garanti à tou-tes les collègues.

Le SNUEP-FSU doit se doter d’un mandat d’étude sur la formation continue des PLP.

Mandats d’étude :

– pour proposer un autre terme plus adéquat que la taxe d’apprentissage.

– sur les pré-recrutements.

– sur la formation continue des PLP.