Texte d’orientation de la liste UA, Ecole émancipée et sans tendance

Défendre et promouvoir l’enseignement professionnel public et conquérir de nouveaux droits

Après des mois de luttes pour le retrait de la loi Travail, le rejet de la politique gouvernementale reste fort et massif. Les annonces récentes d’allègements d’impôts (pour une partie des ménages mais principalement au profit des TPE) ne sauraient masquer la politique d’austérité menée par le gouvernement au service des banques et du MEDEF, creusant encore davantage les inégalités et amplifiant les crises en cours (sociale, économique, politique et écologique). En imposant successivement ses contre-réformes à coups de 49.3, en stigmatisant, réprimant violemment et criminalisant le mouvement social, le gouvernement vise à mettre à bas toute aspiration sociale et démocratique et à faire sauter les derniers verrous que constituent le droit du travail et les droits des salarié-es. Ces politiques menées en faveur du patronat et soutenues par les syndicats d’accompagnement, sont injustes socialement et nourrissent le terreau qui fait le lit de l’extrême- droite. Tout doit être fait pour préserver l’unité parmi les syndicats de luttes et de transformation sociale.

Partie prenante des emballements et polémiques, une partie de la classe politique, de concert avec le gouvernement, instrumentalise le terrorisme et par son propos banalise les propositions d’extrême- droite. En prenant comme bouc émissaire une partie de la population, elle accentue la division de notre société. Aux dérives identitaires, nous opposons les solidarités et le vivre-ensemble. Ce sont nos libertés qui sont réduites et remises en cause par cette dérive autoritaire à l’œuvre depuis 2015 avec, entre autres, la reconduction systématique de l’état d’urgence.

Le gouvernement Hollande-Valls a fait le choix d’une politique libérale qu’il présente comme inéluctable : le service public d’Éducation n’est pas épargné. Ce ne sont pas les annonces de prétendues revalorisations salariales à l’horizon 2020 qui vont nous le faire oublier. Les propositions faites ne com- pensent pas les pertes de pouvoir d’achat de ces dernières années. A minima, la reva- lorisation salariale doit permettre un rattrapage au niveau de l’an 2000, avec un effort supplémentaire sur les premières années de carrière. Malgré quelques maigres avancées, le maintien d’un avancement différencié n’est pas acceptable. Nous maintenons que l’avancement doit être déconnecté de l’évaluation et que chaque enseignant-e doit pouvoir partir en retraite au dernier échelon du meilleur grade. Nous continuons de demander une réforme de l’éva-luation qui soit un vecteur pédagogique destiné à élever le niveau de qualification des élèves ; l’amélioration de l’accès à la for- mation continue et son développement. Nous ne pouvons qu’être en désaccord avec une évaluation qui définirait la valeur pro- fessionnelle d’un-e enseignant-e en fonction de son investissement dans des activités annexes à sa mission fondamentale.

Les choix menés dans l’enseignement professionnel sont désastreux. L’État, les régions et le patronat démantèlent progres- sivement l’enseignement professionnel public. Depuis 2012, plus de 3 000 postes en équivalent temps plein ont disparu. La précarité explose. Le financement de l’apprentissage est de plus en plus massif alors même qu’il prouve son inefficacité en termes d’emploi et de formation des jeunes. L’enseignement professionnel public est continuellement déstabilisé : fusions de bacs pros ; refonte des référentiels ; casse des diplômes ; réformes des modalités de certification ; ouvertures et fermetures de sections et filières aléatoires ; politiques adéquationnistes formation/emploi au service des entreprises ; décentralisation de l’EPP… L’État abandonne progressivement la formation professionnelle publique et organise son asphyxie financière avec la réforme de la taxe d’apprentissage. Ces politiques font peser une menace réelle sur l’existence de l’enseignement professionnel public sous statut scolaire et ses lycées ainsi que sur le statut et les conditions de travail des PLP et CPE.

Syndicalement, nous devons agir pour contrecarrer les discours mensongers et aider à organiser la mobilisation unitaire contre tous les dispositifs qui dévalorisent l’EPP. Nous devons imposer avec la profession une autre réforme, ambitieuse pour les élèves et les personnels.

Dans le contexte d’évolution des métiers, l’EPP est le système le plus efficace pour apporter une formation professionnelle et citoyenne à la jeunesse en recherche d’une insertion rapide et durable dans l’emploi. Élever le niveau de qualification de tous les jeunes reste notre objectif. Pour cela, des contenus d’enseignement alliant les savoirs professionnels et généraux ambitieux sont nécessaires. Cela passe également par l’octroi de moyens supplémentaires, le rétablis- sement d’épreuves nationales finales et la diminution des PFMP. Les choix politiques visant à réduire les diplômes en les fusionnant est une erreur aussi grave que la visée utilitariste de l’École – l’adéquationnisme

formation/emploi reste une lubie libérale qui vise à soumettre l’école à l’entreprise. L’apport des syndicats enseignants est pri- mordial pour contrer ces dérives. Le SNUEP-FSU doit continuer à mener la bataille sur tous ces sujets en privilégiant l’unité d’action la plus large autour d’une plate-forme claire pour créer un front syn- dical permettant de faire avancer les revendications des collègues. L’intersyndicale des syndicats de l’EPP (en particulier sur la question de l’apprentissage), que nous avons largement contribué à mettre en place, est un acquis qu’il nous faut préserver et consolider. Rassembler pour peser davan- tage et agir ensemble. C’est aussi pour cela que nous proposons une liste de rassem- blement aux élections internes.

Nous sommes convaincu-es que les poli- tiques menées nécessitent de développer un syndicalisme offensif et combatif. Notre objectif demeure la défense des intérêts des PLP et CPE et de notre statut de fonctionnaires d’État, de mobiliser la pro- fession, de gagner des avancées concrètes, d’obtenir l’amélioration de nos conditions de travail et de nos salaires et de rassembler largement afin de défendre notre projet d’un enseignement professionnel public et laïque émancipateur.

Nous défendons les valeurs de laïcité, une société solidaire et égalitaire qui lutte contre les discriminations, les dérives sécu- ritaires ou les idéologies des extrêmes droites. Nous défendons la promotion des services publics avec un droit à l’éducation, à la santé, au logement, à une vie décente pour toutes et tous.

PLP ou CPE en établissement, nous mili- tons pour que le SNUEP-FSU se développe afin de renforcer la défense et la promotion de l’EPP. Cela passe par l’amplification de son action dans les établissements, dans les instances représentatives et auprès des rectorats, des régions et du gouvernement. En ce sens, l’affiliation à la FSU est un atout que nous devons encore davantage développer.

Les élections internes sont un moment important de la vie démocra- tique syndicale. Tout comme en 2011 et 2014, nous présentons une liste com- mune et pluraliste composée de militant-es issu-es des divers courants de pensée de la FSU (Unité & Action et École émancipée) ainsi que d’autres qui ne se reconnaissent pas dans les tendances.