Discours de clôture du congrès national

Le SNUEP-FSU arrive déjà à la fin de son 6e congrès qui, une fois encore, a été très riche du point de vue des débats et des échanges militants. Il fut convivial et riche aussi du point de vue humain, l’ambiance dynamique et chaleureuse de chacune et chacun lors de la soirée festive très réussie d’hier soir avec la compagnie Jolie Môme en est une preuve incontestable.
Même s’ils passent très vite et qu’ils sont denses, ces temps de congrès sont importants pour notre engagement et notre vie militante. Ils nous permettent la distance nécessaire qui nous manque trop souvent pour regarder avec un peu plus de hauteur nos métiers et nos pratiques.
À l’aune du projet éducatif, du projet de société que l’on soutient, ces temps de congrès sont surtout importants car ils nous permettent, dans le consensus, de structurer des actions syndicales, de construire des revendications et des mandats que l’ensemble des militant-es pourront porter dans toutes les instances et dans tous les territoires pour les années à venir.
Nous avons décliné précisément le projet éducatif porté par le SNUEP-FSU dans le document qui récence nos 6 priorités et nos 28 propositions pour l’enseignement professionnel public. Ce projet éducatif s’est affiné dans l’exercice du congrès par la précision des grands axes syndicaux qui orienteront nos actions à venir.
Démocratiser le système éducatif passera inéluctablement par une valorisation de l’enseignement professionnel public sous statut scolaire, seul à même de garantir un égal accès des jeunes sur l’ensemble du territoire à une première qualification professionnelle reconnue par les conventions collectives des branches professionnelles.
Nous continuerons à mener les combats nécessaires contre tous les projets politiques qui ont pour objectif de le régionaliser, de le fusionner de le fragiliser. Les attaques frontales que nous subissons impliquent que nous devrons porter ces combats syndicaux de la manière la plus unitaire possible, unitaire avec les syndicats de la FSU et, en ce sens, les interventions de nos camarades des autres syndicats de la FSU présent-es au congrès ont été explicites sur ce point. La déqualification de l’emploi industriel, comme celle du tertiaire, prévue en filigrane des programmes politiques de certain-es candidat-es auront inéluctablement des conséquences dans sur l’ensemble du système éducatif et bien au-delà.
Ces enjeux sociaux d’une ampleur sans précédent concernent certes le SNUEP-FSU mais aussi l’ensemble des syndicats de la fédération.
Unitaire aussi avec les l’ensemble des syndicats de l’enseignement professionnel voire au-delà avec l’ensemble des fédérations et de l’éducation. Cette unité est très loin d’être gagnée, et y parvenir sera certainement compliqué mais, nous le savons par expérience, c’est dans l’unité la plus large que nous pourrons espérer contrer les attaques à venir contre nos statuts, contre le démantèlement organisé de l’enseignement professionnel public.
En même temps que ce combat contre l’apprentissage et contre « l’ubérisation » des métiers,  nous devons aussi poursuivre notre travail syndical sur l’ensemble des dossiers. En ce sens, nous devons alerter, au-delà de la profession, sur les projets de démantèlement des filières, des diplômes et des contenus d’enseignement et proposer nos projets alternatifs où l’enseignement d’une culture commune émancipatrice, l’enseignement de savoirs généraux et professionnels restent un but à atteindre.
Valoriser la voie professionnelle passera aussi inéluctablement par la valorisation des conditions de travail des personnels et la valorisation des salaires. Pour appréhender les difficultés et la souffrance au travail des PLP, le SNUEP-FSU devra se doter d’outils militants précis capables d’articuler les analyses nécessaires et les moyens de défense des personnels sans tomber dans l’écueil ou la facilité qui consisterait en une relégation pure et simple des difficultés sur le dos des élèves.
Ces élèves qui sont évidemment au cœur de notre projet éducatif dont nos mandats portent haut et fort l’amélioration des conditions d’études pour toutes et tous. Des moyens doivent être déployés pour l’ensemble des classes dont nous avons la charge car les dédoublements d’effectifs sont indispensables à la réussite des jeunes. Au regard de la situation sociale de certains établissements il est plus que nécessaire de porter les revendications pour l’éducation prioritaires sur la base de nos mandats.
D’ores et déjà, nous continuerons à promouvoir nos priorités pour l’EPP pour alerter au-delà de notre profession car c’est aussi par cet élargissement que nous créerons les mobilisations nécessaires.
Très vite aussi, nous devrons nous mettre en ordre de marche pour les élections professionnelles. Notre mandat de Dinard de devenir 1re organisation de l’enseignement professionnel public est plus que jamais nécessaire. Le SNUEP-FSU s’engage à mener une campagne syndicale offensive et déterminée. Et pour cela, nous devrons développer et mener un travail de terrain militant sans répit pour faire progresser encore le SNUEP-FSU. Ce travail de conviction nous devons le mener avec l’ensemble des collègues en défendant les positions progressistes de notre organisation, seule à même d’obtenir des avancées pour les personnels et les élèves que nous scolarisons.
La vitalité des débats qui ont eu lieu durant tout le congrès signent certainement les prémisses d’un engagement dynamique sur ces élections qui verra sa concrétisation dans une nouvelle progression du SNUEP-FSU.
Camarades, la tâche est lourde et les combats à mener seront ardus. Le SNUEP-FSU sait qu’il peut compter sur la détermination de chacune et chacun d’entre nous présent-es dans ce congrès et sur tou-tes les militant-es dans les établissements, dans les départements, dans les académies.
Pour clore ce 6e congrès rappelons-nous la phrase de Pablo Néruda parfaitement chantée hier par la compagnie Jolie Môme : « Ils peuvent empêcher les fleurs de pousser, ils n’empêcheront jamais le printemps d’arriver ».

Ce congrès n’aurait pas été ce qu’il a été sans l’équipe d’organisation qui a fait preuve d’une disponibilité sans faille et d’une extrême bienveillance envers tou-tes les congressistes. Le 6e congrès du SNUEP-FSU remercie donc sincèrement et chaleureusement l’ensemble de l’équipe de l’organisation d’Orléans-Tours : Vanessa, Pascale, Pascal, Thomas, Christian, Christelle, Catherine, Marie, Patrick, Thierry, Christophe, Geoffrey. Merci aussi aux camarades de l’organisation nationale : Jacques, Françoise, Michèle, Lorraine, Éliane.

Sigrid Gérardin