COMPLÉMENT AU RAPPORT D’ACTIVITÉ

 

COMBATTRE DANS L’UNITÉ,
FAIRE AVANCER NOS REVENDICATIONS

Le rapport d’activité, porté par l’ensemble de l’équipe nationale sortante, a été approuvée à 98,9 % des syndiqué-es ayant voté. Il faut y voir la reconnaissance du travail mené lors de cette mandature. Et lorsque l’on parle du travail syndical mené, il faut bien sûr y associer l’ensemble des membres du CN élu sortant et l’ensemble des représentant-es des sections académiques qui ont participé au développement de l’activité du SNUEP-FSU… Mais il faut aussi englober plus largement l’ensemble des militant-es du SNUEP-FSU sans quoi rien ne se ferait, sans quoi l’activité syndicale du SNUEP-FSU n’existerait pas… Car, faut-il le rappeler, l’activité syndicale se mène avant tout au plus près du terrain, dans nos établissements.

Je tiens donc ici, au nom du secrétariat national, à vous remercier pour le temps et l’énergie que vous consacrez au quotidien à la défense de l’enseignement professionnel public et à ses personnels.

L’engagement qui est le vôtre est la force de notre organisation et si nous voulons que le SNUEP-FSU gagne encore en influence pour peser et pour être encore plus représentatif dans les années à venir, il faut que tou-tes, nous poursuivons cet engagement en le faisant partager encore d’avantage pour développer syndicalisation et militantisme. Le but que nous nous sommes fixé reste de devenir le 1er syndicat de l’EPP.

Ce but ne n’est pas une fin en soi. C’est plutôt le chemin que nous devons prendre, l’orientation et la stratégie syndicale que nous devons mettre en œuvre pour renforcer notre syndicalisme de lutte et de transformation sociale progressiste. Ces transformations doivent s’appuyer sur des revendications débattues et partagées avec nos collègues. C’est bien sûr le rôle des congrès académiques qui se sont tenus ces derniers mois. C’est aussi bien sûr l’objet de ce 6ème Congrès national et des travaux que nous y effectuerons, cette semaine à Bourges toutes et tous ensemble.

Contexte politique et action du SNUEP-FSU

Ce 6ème congrès se tient dans un contexte très particulier. La campagne des élections présidentielles se déroule dans un climat délétère qui traduit une crise politique évidente. Les « affaires » concernant certain-es candidat-es à l’élection présidentielle, pollue largement les débats. Il est à craindre que cela participe davantage à détourner des urnes les citoyennes et les citoyens, facilitant ainsi la montée de l’extrême droite et au final engendre une crise majeure de la démocratie.

Mais cette crise est avant tout la conséquence des politiques libérales et autoritaires menées partout en Europe. Politiques qui n’ont fait qu’aggraver la situation économique et sociale, engendrant montée des inégalités de toutes sortes, du chômage et de la pauvreté. Elle entraîne aujourd’hui la montée du sentiment anti européen, du nationalisme et de l’extrême droite. Le SNUEP, avec la FSU, doit contribuer à la construction d’une Europe plus juste, plus solidaire, une Europe de l’harmonisation par le haut des droits sociaux et des services publics accessibles à toutes et tous.

Comme la FSU l’a rappelé à son dernier conseil fédéral, pour développer l’économie de notre pays et retrouver une croissance, la Fonction publique est indispensable. Le SNUEP-FSU s’engage par son action à défendre la FP qui assure la cohésion de la société et fait que la liberté, l’égalité et la fraternité ne soient pas que des mots posés au fronton de nos établissements scolaires.

La question de l’Éducation et la formation à travers le développement du service public national de la formation professionnelle initiale et continue constitue un enjeu majeur dans notre société. Il reste le gage de l’égalité d’accès à la formation de tou-tes, de la reconnaissance des qualifications, de la qualité des formations dispensées sur l’ensemble du territoire. Nous sommes maintenant à moins d’un mois du 1er tour des élections présidentielles et l’enjeu de cette élection est crucial pour l’avenir de l’enseignement professionnel public. Bon nombre de propositions sont nocives pour l’Éducation en général et pour l’enseignement professionnel en particulier. Ce congrès revête donc une importance particulière. Il doit être l’expression de notre détermination et nous donner les moyens de porter haut et fort notre projet éducatif pour les jeunes que nous scolarisons dans nos LP et pour les personnels que nous défendons. Concernant le programme des candidat-es, le danger est grand… sur la FP, l’Éducation et l’EPP en particulier. Mais notre détermination doit être aussi grande que les attaques qui se profilent.

Ne nous trompons pas, aujourd’hui, la question centrale partout dans le monde demeure le creusement des inégalités. Seuls 8 hommes détiennent autant de richesses que les 3,6 milliards de personnes qui représentent la moitié la plus pauvre de l’humanité. Dans les pays de l’OCDE, 10 % des plus fortunés détiennent la moitié du patrimoine et en France 10 % des plus riches captent 27 % de la masse globale des revenus, presque dix fois plus que les 10 % les plus pauvres. D’un côté, les couches populaires et toute une fraction des classes moyennes voient leurs revenus stagner. De l’autre, les couches favorisées se voient attribuer une part croissante des revenus. La pauvreté qui a fortement augmenté entre 2008 et 2012, n’a pas diminué depuis. La France compte aujourd’hui un taux de pauvreté à plus de 14 % de la population, avec presque 9 millions de pauvres.

Les 2/3 des personnes démunies ont au plus le CAP. L’absence de diplôme engendre des difficultés d’insertion sur le marché du travail, précarité et bien souvent pauvreté. Le taux de pauvreté des personnes sans diplôme est de 10,4 %, contre 3,4 % pour les bac +2.

C’est pour cela que la lutte contre le décrochage, contre les sorties sans qualification doit devenir une priorité. C’est aussi pour cela que le SNUEP-FSU demande sans relâche une réelle valorisation de l’EPP seul à même d’élever le niveau de qualification de ceux et celles qui en ont le plus besoin.

C’est le sens de nos 6 priorités et les 28 propositions pour l’enseignement professionnel rendues publiques la semaine dernière. C’est le sens de notre slogan : « Valoriser l’enseignement professionnel : une exigence sociale ! », une exigence sociale pour ces jeunes et pour leurs familles.

L’action syndicale se construit et s’organise par un travail continu dans lequel les secteurs jouent un rôle primordial. Ils suivent au quotidien l’ensemble des dossiers qui leur sont confiés, alimentent la presse nationale, préparent avec le secrétariat les instances décisionnaires de notre organisation. Ce travail est d’une importance primordiale pour le bon fonctionnement de notre syndicat mais surtout pour le syndicalisme que nous avons développé :

Un syndicalisme exigeant qui produit les analyses les plus pertinentes possible, qui met en avant à la fois les avancées et aussi les dangers que peuvent porter certaines réformes et qui est capable de faire des propositions à partir des mandats qu’il porte.

Un syndicalisme démocratique qui n’hésite pas à consulter plus largement ses syndiqué-es avant de prendre position.

Un syndicalisme combatif, réfléchissant à la stratégie à mettre en œuvre pour construire la mobilisation des personnels afin de faire avancer les revendications.

Un syndicalisme de masse qui n’hésite pas à confronter ses mandats et ses propositions et à les mettre en débat plus largement avec la profession.

Le secteur syndicalisation, mis en place au cours de cette mandature, a fourni un gros travail d’analyse et de réflexion autour des questions de syndicalisation et de formation syndicale. Des pistes d’améliorations ont été ouvertes et des outils ont été développés mais pas encore suffisamment. Les objectifs fixés étaient ambitieux… mais nous le savons, si le SNUEP-FSU veut continuer à progresser, il faut qu’il s’implante et se développe dans toutes les académies. Pour cela le suivi du développement des académies doit être mis en œuvre : il faudra donc passer maintenant très vite de la théorie à la pratique.

 500 formations et rentrée 2017

Le SNUEP-FSU a bataillé lors de ces dernières années pour que le gouvernement mette en œuvre ce qu’il avait un temps annoncé comme la priorité à l’EPP. Dans les faits, l’enseignement professionnel a été encore un fois, le parent pauvre des politiques éducatives.

Même si les 30 ans du bac pro ont été l’occasion pour la ministre de faire la promotion de cette voie de formation, en réalité les mesures mises en place n’ont pas été à la hauteur des enjeux. Les quelques mesures mises en place à la rentrée 2016, n’ont pas amélioré les conditions de travail des enseignant-es.

Les 500 nouvelles formations promises pour la rentrée 2017 se révèlent n’être qu’un plan com’. Il y aura au mieux 240 postes créés dans les LP au lieu des 1000 postes prévus. La ministre se targue d’avoir ouvert 500 nouvelles formations en oubliant de dire que les rectorats en ont supprimé autant ramenant ainsi le solde à quelques dizaines de nouvelles formations en BTS payées sur la suppression de sections en CAP et en bac pro. Elle crée 500 nouvelles formations et elle laisse les recteurs/rectrices supprimer 500 anciennes formations en espérant que cela ne se voit pas !

Le SNUEP-FSU a dénoncé cette manœuvre et constate une fois de plus le manque d’ambition des pouvoirs publics pour la formation professionnelle des jeunes. Il continue à revendiquer pour l’EPP un réel plan de développement des LP. Des centaines de milliers de jeunes sont aujourd’hui sans formation et sont renvoyés vers les entreprises pour trouver un contrat d’apprentissage. Pour bon nombre d’entre eux, ils seront sans qualification sur le marché de l’emploi. Permettre aujourd’hui de les rescolariser pour leur permettre d’accéder à une qualification reconnue dans de bonnes conditions, voilà notre objectif.

Pour y arriver, il nous faudra continuer à travailler en intersyndicale. Le SNUEP-FSU a toujours privilégié l’unité d’action lorsqu’elle était possible car nous savons qu’elle reste un gage d’efficacité pour mobiliser nos collègues. Des contacts ont été repris la semaine dernière et des initiatives communes vont être prises dans les semaines à venir.

Pour y arriver, il nous faudra bien sûr aussi continuer à travailler avec la FSU. Il nous faut poursuivre et développer notre implication dans le travail fédéral, cela doit passer par le développement de nouvelles synergies entre les syndicats nationaux de la FSU à chaque fois que cela est possible. Nous devons travailler au sein de notre fédération, la FSU, pour lui permettre de continuer de se développer, de gagner en force et en efficacité. Nous devons développer notre travail en commun et ces échanges ne peuvent être que bénéfiques pour notre organisation mais aussi pour notre fédération.

À un an des prochaines élections professionnelles, nous devons pouvoir nous engager à créer les conditions de mutualisation des représentant-es d’établissement pour développer notre activité syndicale. Avec le SNES, le SNEP et les autres syndicats nationaux de la FSU, nous devons être en capacité d’être présent-es dans tous les établissements scolaires pour faire gagner le SNUEP et la FSU.

Jérôme Dammerey
Co-SG