Rapport d’activité national 2014-JUIN 2016

Combattre dans l’unité,
faire avancer nos revendications

 

 Nos conquêtes sociales en ligne de mire
Le désaveu cinglant de la politique gouvernementale lors des élections municipales de 2014 n’a pas infléchi la ligne libérale de l’exécutif. Bien au contraire, la nomination de Manuel Valls à la tête du gouvernement quelques jours après notre congrès en 2014, a été le signe manifeste d’un durcissement encore accru.
Conformément à la doxa européenne de réduction des déficits publics, les politiques d’austérité se sont multipliées avec les coupes dans les budgets sociaux, les baisses de dotation aux collectivités territoriales, les coupes dans le système de santé et dans les services publics. Dans le même temps, les politiques d’aides et de cadeaux au patronat (Pacte de responsabilité, CICE…) se sont traduites par un transfert de plusieurs dizaines de milliards d’euros en sa faveur, tandis que les salarié-es subissent gel des salaires, gel et baisse des prestations familiales et des prestations au logement, hausse de la TVA, hausse des cotisations retraite et gel des pensions, augmentation des impôts… opérant ainsi une ponction sans précédent sur leur pouvoir d’achat.Aux politiques d’austérité sont venues s’ajouter les dérives autoritaires et liberticides. Refusant le débat, bafouant la démocratie et ignorant les aspirations populaires, le gouvernement a imposé sa politique de régression sociale avec le passage en force et le recours au 49-3 pour la loi Macron en 2015 puis en 2016 pour la loi Travail alors que 70 % des Français-es y sont opposé-es. En opérant ainsi un démantèlement progressif d’un modèle social issu de décennies de conquêtes sociales, le gouvernement fait le choix de dégrader l’ensemble des services publics et les conditions de travail de ses agent-es alors même que l’investissement public aurait pu relancer l’économie. Alors que la précarité explose, les emplois promis par le MEDEF n’ont jamais été créés et ce dernier continue d’exiger toujours plus d’allègements.
Cette politique pérennisant chômage, pauvreté et inégalités sociales, bafoue tous les principes de justice sociale et de solidarité.
Une année dramatique prélude d’une période difficile

Les massacres en janvier 2015 par les commandos de Daesch des journalistes de Charlie Hebdo et à l’Hypercasher de la Porte de Vincennes, suivis de la tuerie au Bataclan en novembre ont d’abord plongé la population dans l’émotion et l’effroi… En janvier 2015, des millions de personnes ont défilé unies contre la terreur et la barbarie, mais aussi pour dire leur attachement aux libertés démocratiques et à la liberté d’expression. Pour autant, cela n’a pas entraîné une baisse du racisme. Au contraire, depuis, les actes racistes, notamment islamophobes n’ont cessé de croître. La guerre menée contre Daesch (notamment en Irak et en Syrie) par les États occidentaux se répercute sur le sol français. Ces attentats servent de prétexte au gouvernement français pour multiplier les lois sécuritaires et liberticides et pour amplifier ses interventions militaires à l’étranger. L’instauration de l’état d’urgence au nom de l’antiterrorisme n’a pas démontré son efficacité. En revanche la multiplication de dispositifs de surveillance, l’interdiction de manifester, l’assignation à résidence et la criminalisation de  militant-es du mouvement social remettent durablement en cause les libertés civiques et créent les conditions d’un régime permanent d’exception à durée indéterminée.

Les guerres et les conflits continuent à se développer partout dans le monde et ce sont encore une fois les populations civiles qui en sont les premières victimes. Des millions de personnes se voient contraintes à l’exil pour quitter la guerre et la pauvreté sans que l’Europe, ni même la France, ne prennent les décisions adéquates, préférant organiser la chasse aux migrant-es plutôt que de les accueillir dans de bonnes conditions. Même si on ne peut nier la nécessité d’assurer la sécurité de toutes et tous, les discours guerriers et les réponses sécuritaires portés par ce gouvernement permettent d’occulter les questions de crises politique, économique et sociale mais aussi et surtout de faire taire et céder celles et ceux qui n’ont pas renoncé à une société de progrès et de justice sociale.

La nouvelle vague d’attentats au printemps (Bruxelles) et à l’été 2016 sur la promenade des Anglais à Nice et à Saint- Etienne-du-Rouvray ont fait prendre conscience que nul n’était à l’abri. Loin de l’unité affichée en janvier 2015, la classe politique a préféré s’invectiver, cherchant les responsables et alimentant la peur et la haine en ciblant explicitement les musulman-es. Avec le Front national devenu un des principaux partis d’opposition, et un climat délétère à l’approche des élections nationales, un seuil a été franchi dans la surenchère islamophobe. Plutôt que d’œuvrer à la solidarité et à la cohésion nationale, nombre de personnalités politiques de droite, mais aussi le 1er ministre, ont préféré stigmatiser une partie de la population invoquant la laïcité, en tentant même de remettre en cause une liberté aussi élémentaire que celle de se vêtir à la plage. Il est urgent pour le mouvement social d’œuvrer à la construction d’un front progressiste uni en défense des libertés, du vivre-ensemble et de la solidarité, ici mais aussi ailleurs. C’est dans ce sens que le SNUEP-FSU a participé au Forum Social Mondial de Tunis en Mars 2015 et au Forum Social Mondial de Montréal en août 2016, prenant part à des ateliers sur l’éducation, le féminisme et le syndicalisme. À la rentrée 2015, le SNUEP-FSU a intégré le collectif d’animation international de la FSU. À ce titre, il a pris part à une coopération sur le thème du leadership féminin dans les organisations syndicales avec le mouvement des femmes de la Confédération des Syndicats Autonomes du Sénégal à Dakar en juillet 2016.

La lutte contre la loi Travail au printemps 2016 avait pourtant remis les questions économiques et sociales au cœur du débat public. Le SNUEP avec la FSU a participé à cette lutte qui a mobilisé fortement la population, en dénonçant la casse du Code du travail, les conditions dramatiques pour le salariat mis sous la tutelle du patronat, et les propositions néfastes sur la formation professionnelle qu’elle renferme. Malgré la faible participation des enseignant-es à ce mouvement, l’action du SNUEP-FSU s’est résolument inscrite dans cette mobilisation pour la défense des salarié-es du privé comme du public, pour la défense des jeunes, de la formation professionnelle, des diplômes et pour l’acquisition de nouveaux droits.

L’École au cœur de la tourmente

Bien sûr, la question de l’École a souvent été au cœur des débats et des enjeux mais il faut rappeler que si son rôle est primordial, celle- ci ne peut à elle seule résoudre tous les problèmes de la société.
Affiché comme une priorité pour le gouvernement, le bilan de la refondation de l’École est plus que décevant. La création de 54 000 postes dans l’Éducation nationale n’est pas à la hauteur des besoins et des objectifs affichés par le gouvernement. S’il avait vraiment voulu mettre en œuvre une politique éducative ambitieuse, il aurait fallu doubler le nombre de postes créés afin d’endiguer les inégalités scolaires et faire le choix de politiques éducatives visant une véritable démocratisation de l’École. La réussite de toutes et tous et notamment de celles et ceux qui sont les plus éloigné-es de l’école reste plus que jamais d’actualité. Elle passe notamment par la lutte contre les inégalités sociales, la lutte contre les sorties sans qualification, la promotion d’une éducation à l’égalité entre les filles et les garçons, le renforcement de la formation initiale et continue des enseignant-es, la mise en place d’une éducation prioritaire qui ne s’arrête pas au collège, l’amélioration des conditions d’accueil et d’études de l’ensemble des élèves de la maternelle au lycée. La première victime de cette politique budgétaire contrainte a été clairement l’enseignement professionnel public (EPP) et donc les jeunes issu-es des familles les plus défavorisées.

Le SNUEP-FSU dans l’action

C’est dans ce contexte que le SNUEP-FSU n’a eu de cesse de continuer à promouvoir l’EPP en intensifiant son action syndicale, en recherchant constamment la mobilisation des PLP et CPE pour faire aboutir ses revendications. Ainsi, dès le mois de septembre 2014, le SNUEP-FSU a interpellé Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nouvellement nommée pour lui rappeler l’urgence de la situation et la nécessité de prendre rapidement des engagements pour la promotion de l’EPP et l’amélioration des conditions de travail de ses personnels. Il a lancé une campagne d’interpellation et a organisé la mobilisation des personnels pour porter l’ensemble des questions qui restent aujourd’hui sans réponses : bilan et mise à plat de la réforme du bac pro 3 ans et de l’ensemble du dispositif de certification, amélioration des conditions de travail et revalorisation salariale… Il s’est adressé ainsi à l’ensemble des PLP à travers une campagne d’interpellation du président de la République et a décidé d’une semaine d’actions  « Pour l’enseignement professionnel public » organisée du 17 au 21 novembre 2014.

Les élections professionnelles 2014 confirment la progression  du SNUEP-FSU

Dès la rentrée 2014, le SNUEP-FSU a préparé la campagne des élections professionnelles. Pour la 2e fois consécutive, le vote s’est effectué par voie électronique. Il s’est déroulé dans un contexte difficile où l’action syndicale du SNUEP et de la FSU ont parfois manqué de lisibilité. Cette période a été l’occasion de défendre l’action syndicale du SNUEP-FSU, un syndicalisme en prise avec la profession, un syndicalisme de propositions qui mène les luttes pour faire avancer les revendications des collègues. L’enjeu a été alors de faire voter un maximum de syndiqué-es et de sympathisant-es pour le SNUEP et pour la FSU. Avec un taux de participation de 53,89 %, soit une augmentation de 6,36 points, les PLP se sont mobilisé-es pour dire non à la casse de l’EPP et de ses diplômes et pour demander à la ministre une réelle prise en compte de l’EPP, de ses enseignant-es et CPE et de ses élèves.

Les résultats aux élections professionnelles confirment le SNUEP-FSU comme 3e force syndicale chez les PLP avec une augmentation de 573 voix (+ 0,6). De nombreuses académies progressent en nombre de voix et renforcent ainsi leur représentativité acquise en 2011. Le SNUEP-FSU augmente son nombre de sièges notamment à Nancy-Metz, à Bordeaux et en Corse. Il maintient sa première place à Limoges et Reims et devient première organisation syndicale des PLP à Dijon, Grenoble et Orléans-Tours. Même si le SNUEP-FSU continue à progresser, la syndicalisation doit devenir une préoccupation première ; c’est en développant notre syndi- calisation que nous améliorerons notre représentativité.

Le SNUEP-FSU relance l’intersyndicale

Après les élections professionnelles, fort de sa progression, le SNUEP-FSU a réactivé l’intersyndicale de l’EPP dès décembre 2014. L’intersyndicale regroupant CGT, FAEN, SNETAA-FO, SNUEP-FSU fait l’analyse commune de l’enfermement du gouvernement dans une politique d’austérité, du manque d’investissement dans l’enseignement professionnel et son entêtement à vouloir développer l’apprentissage (500 000 apprenti-es en 2017 dont 60 000 dans les EPLE) au détriment des formations sous statut scolaire. L’intersyndicale fait le constat de la dégradation des conditions de travail des PLP et dénonce les graves menaces qui pèsent sur l’EPP : modification des statuts, développement du mixage des parcours et des publics, détournement des moyens de l’EPP pour financer certaines mesures mises en place par le ministère comme l’éducation prioritaire, les pondérations… dont sont exclus les LP. Elle condamne le développement de l’apprentissage et demande solennellement à la ministre de l’Éducation nationale de changer sa politique à l’égard des lycées professionnels publics.

Parallèlement, le SNUEP-FSU poursuit ses actions sur l’éducation prioritaire, il appelle avec la FSU les collègues à se mobiliser pour le maintien des lycées dans le dispositif et l’élargissement de la carte de l’éducation prioritaire à d’autres établissements. Cette mobi- lisation permettra d’obtenir le maintien des anciennes primes pour les collègues qui enseignent dans les établissements ZEP et Eclair et l’engagement du ministère de retravailler la carte des lycées.

En janvier 2015, l’intersyndicale lance sa première pétition qui a eu très peu d’écho dans la profession (1450 signatures). Mais le travail mené en intersyndicale (communiqué de presse, lettre à la ministre, pétition…), les interpellations répétées de la FSU ainsi que la campagne menée par le SNUEP-FSU à la rentrée (conférence de presse, semaine d’action, envoi de cartes postales) finissent par payer. En février 2015, le président de la République annonce que les LP seront revalorisés… Le SNUEP-FSU demande clairement la mise en place d’un véritable plan d’urgence et de moyens dédiés dont a besoin l’enseignement professionnel, le développement de l’offre de formation sous statut scolaire, la mise en place de contenus de diplômes ambitieux, l’amélioration des poursuites d’études et des moyens pour lutter efficacement contre le décrochage et un retour effectif et dans de bonnes conditions des jeunes sortis sans qualifications.

Peser pour obtenir des avancées

À l’occasion des 30 ans du bac pro, qui occupe dorénavant la 2e place dans la trilogie des baccalauréats, le SNUEP-FSU a organisé un colloque syndical afin de dresser un état des lieux et d’inscrire la question de l’enseignement professionnel dans le débat public. Suite aux annonces du président de la République sur la revalorisation des lycées professionnels, le SNUEP-FSU ainsi que la FSU ont multiplié les interventions au niveau du ministère pour que s’ouvrent enfin des discussions sur l’EPP. À la rentrée 2015, dans le cadre des 30 ans du bac pro, la ministre fait l’annonce de l’ouverture de 5 chantiers dont un sur l’année de 2nde professionnelle qui doit déboucher sur des propositions pour une application à la rentrée 2016. Dans ce cadre, le SNUEP-FSU a participé aux différents groupes de travail sur la voie professionnelle, ainsi qu’aux GT liés aux bilan de la réforme des lycées. Il a pesé notamment pour obtenir des moyens supplémentaires, pour baisser la pression certificative, pour l’amélioration de la formation des PLP ainsi que la réécriture de la circulaire PFMP afin d’améliorer les conditions de travail des collègues.
Le SNUEP-FSU obtient une baisse de la pression certificative par une diminution du nombre d’épreuves en CCF. Par son action constante et sa détermination, le SNUEP-FSU a permis le retour des épreuves d’éco-gestion, éco-droit et PSE en épreuves ponctuelles terminales au baccalauréat professionnel. Cette décision fait suite aux dis- cussions qui se sont ouvertes en 2013 avec les organisations syndicales sur la question de la simplification des CCF. Depuis leur mise en place, le SNUEP-FSU n’a cessé d’alerter sur les dangers du CCF. Sa généralisation en 2009 a rendu patents ses effets les plus nocifs, notamment sur la qualité des enseignements dispensés dans les LP et sur les conditions de travail des PLP. En 2016, le SNUEP-FSU continue de dénoncer les pressions et les aberrations pédagogiques du CCF et obtient la suppression de toutes les évaluations en CCF dans les classes de 2nde professionnelle et œuvre aussi pour que cette mise en place puisse s’appliquer rapidement en classe de première CAP. Mais les autres mesures imposées pour la rentrée 2016 sont inadaptées à la situation et méconnaissent le travail des PLP et CPE. Ces mesures qui ont pour objectif d’améliorer les conditions d’entrée des jeunes en 2nde professionnelle risquent d’aggraver les conditions de travail des personnels.

4 années de baisse des moyens dans l’EPP

Plus de 3300 postes ont été supprimés entre 2012 et 2016 pour financer des mesures telles que l’éducation prioritaire ou la mise en place de la pondération en LEGT, mesures dont l’EPP est exclu. L’EPP détient le triste record du nombre d’enseignant-es précaires, pour lesquel-les la titularisation est un parcours d’obstacles. Prétendant lutter contre le chômage des jeunes, le gouvernement a poursuivi un cap qui a pourtant prouvé son inefficacité : il a continué à développer l’apprentissage, notamment dans nos établissements, préférant ainsi répondre aux injonctions du patronat plutôt que d’investir massivement dans l’EPP sous statut scolaire. L’EPP aura donc été le grand oublié de la création des 60 000 postes dans l’Éducation, même si le SNUEP-FSU a réussi à inscrire à partir de la rentrée 2017 la création de 1 000 postes pour l’ouverture de 500 nouvelles formations professionnelles du CAP au BTS. Il poursuit son action pour établir un bilan des formations mises en place en LP, afin que les engagements de la ministre soient tenus.

La SEGPA : une structure maintenue

Pendant plus d’une année et jusqu’en juillet 2015 un groupe de travail SEGPA s’est tenu afin de réécrire la circulaire EGPA pour la mettre en conformité avec la loi de refondation de l’École et la mise en place des nouveaux cycles. Tout au long du travail et des discussions menées, le SNUEP-FSU n’a eu de cesse de rappeler son attachement au maintien de cette structure à 4 divisions de la 6ème à la 3ème, ainsi qu’à la procédure d’orientation à la fin du CM2, ces deux éléments permettant de garantir une cohérence des enseignements adaptés dans le 2nd degré. À l’issue des discussions et grâce à l’action concertée de la FSU et de l’ensemble de ses syndicats nationaux, le risque de suppression de la classe de 6ème SEGPA a été écarté, ainsi que la volonté de transformer la structure en simple dispositif d’inclusion comme le souhaitaient le SE-UNSA et le SGEN-CFDT.

Le SNUEP-FSU a obtenu que les PLP fassent partie intégrante de l’équipe pédagogique et participent aux heures de synthèse et coordination. La question de la transformation du paiement de ces heures par la mise en place de nouvelles indemnités qui ne détériorent pas le pouvoir d’achat des enseignant-es reste une priorité, ainsi que la mise en place de dédoublements à l’atelier pour ne pas dégrader les conditions de travail des PLP.

Réforme du collège : la 3ème prépa-pro impactée

Le SNUEP-FSU a dénoncé l’absence de prise en compte des 3ème prépa-pro lors des premières discussions, tout comme lors des pre- mières sorties de textes réglementaires. L’action du syndicat a permis d’éviter la parution de textes dont la mise en œuvre aurait été impossible sur le terrain et a permis des évolutions positives dans l’écriture des textes. Cependant, malgré le maintien de cette classe en LP, aucun moyen spécifique n’a été mis en place pour ces élèves qui se destinent prioritairement à l’enseignement professionnel. S’il a appelé à participer à des journées d’action et à des grèves contre la réforme du collège, la mobilisation des PLP a été très faible. Le SNUEP-FSU était souvent bien seul à alerter sur le sort fait à cette classe, qui concerne peu d’élèves et donc aussi peu de PLP.

Des élu-es dans l’action

Depuis la mise en œuvre d’un mouvement déconcentré en deux temps, les mutations des PLP restent un véritable casse-tête. Qu’il s’agisse de l’affectation des stagiaires, de première affectation ou de demande de mutation, le SNUEP-FSU accompagne les collègues dans leur démarche. Les six com- missaires paritaires nationaux ont su com- poser une équipe à l’écoute des personnels. Accompagnant les collègues dans leur démarche, plaidant leur cause en audiences ministérielles, les élu-es du SNUEP-FSU ont su se faire entendre des services de gestion du ministère. Des outils informatiques ont été développés et des stages de formations proposées aux commissaires paritaires académiques ont été animés par le secteur national. Lors des CAPN, les mandats du syndicat ont été portés par les commissaires paritaires dans leurs déclarations liminaires. Avec la profession et avec les autres organisations syndicales, des mesures doivent être imposées pour améliorer considérablement l’affectation des PLP. Le SNUEP-FSU continue à réclamer le retour à un mouvement national unique et la fin des affectations à l’aveugle.

L’enseignement professionnel public sous le feu de l’apprentissage

L’existence de l’EPP est en jeu. La 3e « grande conférence sociale » a acté la relance de l’apprentissage. Les ouvertures de sections d’ap- prentissage « public » se multiplient dans les lycées et le mixage des publics avance. Nombre de candidats de droite ont dit vouloir réinstaurer l’apprentissage à 14 ans, liquider l’EPP en fusionnant les lycées pro et les CFA ou encore en donnant les pleins pouvoirs aux régions sur l’offre de formation professionnelle allant même jusqu’à transférer les PLP à celles-ci. C’est pour cela que le SNUEP-FSU a une nouvelle fois relancé le travail de l’intersyndicale début 2016 avec un appel en juin et il poursuivra son action en intersyndicale pour poser dans le débat public le devenir de la formation professionnelle initiale sous statut scolaire. Il doit continuer et amplifier ses actions pour la promotion de l’EPP menée ces dernières années (colloques, conférences de presse, journées ou semaine d’actions…) dans les mois et années à venir pour rendre plus lisibles dans la population les enjeux liés à la formation professionnelle initiale.

Le SNUEP-FSU en lutte pour la revalorisation du métier et des salaires

Le SNUEP-FSU a été de toutes les batailles pour revaloriser les métiers et les salaires des PLP et CPE. Ainsi dans un contexte de mobilisation difficile, il a tenté de mobiliser la profession sur la question du dégel du point d’indice et a été partie prenante de l’ensem- ble des journées d’action Fonction publique.
L’action du SNUEP-FSU a contribué à la suppression de la clause butoir dans le reclassement des ex-contractuel-les et de stabiliser le statut des PLP. Pour l’essentiel, les statuts ont été maintenus : temps de service, prise en compte des PFMP…  mais le SNUEP-FSU n’a pas su créer le rapport de force pour obtenir de réelles améliorations. Pire l’EPP a été écarté de la pondération pourtant accordée aux voies générale et technologique. Le SNUEP-FSU continue à réclamer que la pondération soit appliquée en lycée professionnel.
Au niveau de la Fonction publique, la FSU a joué tout son rôle pour créer l’unité d’action afin de peser sur le dégel du point d’indice. Bien sûr, l’annonce de l’augmentation du point d’indice de 1,2 % en deux temps est très insuffisante et ne constitue qu’une étape. Il faudra poursuivre la lutte avec les organisations syndicales qui le voudront pour demander un véritable plan de rattrapage des salaires pour l’ensemble des agent-es.

L’ouverture des négociations PPCR dès mars 2015 dans la Fonction publique a permis d’ouvrir quelques perspectives d’évolutions tant sur la reconstruction des grilles indiciaires que sur les déroulés de carrière des PLP et CPE. Le SNUEP-FSU a constaté des avancées minimes : intégration d’une partie des primes dans le traitement, déroulement de carrière a priori sur au moins deux grades, nouvelle avancée de carrière plus équitable et déconnexion partielle de l’évaluation des enseignant-es de l’avancement de carrière. Mais les débuts de carrière restent encore faiblement rémunérés, malgré un recrutement à bac +5 et les nouvelles grilles ne compensent pas les pertes salariales accumulées depuis 20 ans.

Le SNUEP-FSU continue à peser, avec les SN de la FSU, pour que la réforme de l’évaluation des enseignant-es puisse apporter de réelles améliorations en termes de conditions de travail et contre la pression hiérarchique. Nous continuons à demander une réforme de l’évaluation qui soit un vecteur pédagogique destiné à l’amélioration du système éducatif et à l’élévation du niveau de qualification des élèves. Cela nécessite des moyens pour l’accès à la formation continue et son développement.

Poursuivre et renforcer notre action syndicale au plus près du terrain

Si la progression est continue depuis 2009/2010 avec le dépassement des 3000 adhérent-es en 2013/2014, elle ne l’est pas dans toutes les académies. En 2014-2015, la progression a été beaucoup plus régulière et constante pour finir à + 6,1 %, soit une progression totale de 182 adhérent-es. Ces deux dernières années, la syndicalisation a progressé au global de 7,6 %. Si on peut se féliciter d’être en progression dans un contexte difficile de syndicalisation, nous restons encore loin des objectifs fixés lors de notre dernier congrès. Il en est de même pour la représentativité des femmes, alors que le SNUEP-FSU porte le mandat de tendre vers la parité, cette dernière n’est pas atteinte dans les instances nationales.

Le développement de notre organisation doit rester une priorité et en ce sens promouvoir la place des femmes et des jeunes doit en être un objectif. Le mandat du dernier congrès du SNUEP-FSU est plus que jamais d’actualité « Après une phase de construction et une phase de stabilisation, une nouvelle période doit impérativement s’ouvrir pour le SNUEP-FSU : celle de son développement avec pour objectif de devenir la 1re organisation syndicale de l’EPP, tout en restant fidèle à ses valeurs et à ses principes. ». Pour atteindre cet objectif, le SNUEP-FSU doit continuer à se doter de moyens et d’outils pour augmenter significativement sa syndicalisation. L’objectif doit toujours être de passer à plus de 5 000 adhérent-es d’ici 2020 ce qui nous permettrait de devenir la 1re organisation représentative des PLP et d’avoir ainsi beaucoup plus de poids pour porter notre projet ambitieux pour l’EPP.

Le secteur syndicalisation a été créé pour appuyer le développement des académies, en liaison avec l’ensemble des secteurs du syndicat. S’il a fourni un certain nombre d’analyses permettant d’identifier des pistes de développement de notre activité syndicale, le SNUEP-FSU doit maintenant trouver les moyens d’enclencher une dynamique plus forte de développement syndical. Le développement de notre réseau de secrétaires locaux doit rester une priorité.

L’effort qui a permis le développement de la formation syndicale doit être poursuivi et de nouvelles stratégies doivent pouvoir émerger lors de notre prochain congrès pour à la fois répondre aux besoins de formation des militant-es mais aussi permettre le développement de notre activité syndicale au plus près du terrain. Notre syndicalisme doit s’ancrer dans la profession en cherchant constamment à conjuguer la défense des personnels qu’il représente avec des combats politiques plus larges pour participer à la transformation de notre société. Pour cela, dans les années à venir, le SNUEP-FSU doit pleinement s’investir dans l’ensemble du travail fédéral en participant à tous les secteurs de la FSU et il doit aussi pouvoir mener l’ensemble des débats de société avec les personnels.