Motion Guyane ” Nou gon ké sa ! “

La situation dans laquelle survit la Guyane depuis des années fait honte et froid dans le dos.
L’état déplorable de ses services publics, de son école, de son système de santé, les fonctions régaliennes non assurées indiquent que la Guyane est abandonnée par la France.
Le taux de chômage est intolérable, en particulier chez les moins de 25 ans, et le fait que ces dernier-es sont les moins nombreux/euses de France à sortir diplômé-es du système scolaire condamnent toute perspective d’avenir pour la jeunesse.
Vivre en Guyane aujourd’hui c’est être confronté à une insupportable cherté de la vie, en particulier pour les produits de première nécessité.
C’est aussi quand on y habite, ressentir une angoisse continuellement présente de se faire agresser sur ses lieux d’habitation et de travail, devant ses établissements scolaires, mais aussi dans chacune de ses rues.
Tout ce qui est systématique et machinal dans les académies de l’hexagone y est difficile voire impossible :
– être scolarisé, pouvoir se rendre à son école, s’y restaurer, avoir un-e enseignant-e, avoir un choix de formations divers, avoir dans des conditions normales ses examens (CAP, BEP, BAC).
– se soigner quand on est malade, voir un spécialiste, accoucher sereinement.
La Guyane et c’est triste de devoir le rappeler, est française. Elle est en sous France malheureusement.
À ce titre, elle mérite d’avoir les mêmes conditions de vie pour ses habitant-es et d’exercice pour ses enseignant-es, que dans le reste de la France.
C’est donc tout le SNUEP-FSU qui se tourne vers la France :
– qu’en est-il de l’obligation de scolariser ?
– qu’en est-il de l’obligation de transporter nos élèves et leur proposer un repas ?
– qu’en est-il de l’obligation de protéger nos élèves ?
– qu’en est-il de l’obligation de les former et accompagner ?
– qu’en est-il de l’obligation d’apporter une offre de soins véritable et d’assurer la sécurité de ses habitant-es ?

L’Etat doit impérativement mettre un terme à cette politique de rejet et mépris à l’encontre des habitant-es de ce territoire.
Il doit assumer pleinement toutes ses fonctions et responsabilités, satisfaire les revendications et exigences de vie meilleure, portées par les syndicats et collectifs du mouvement.
Car la Guyane est belle, propose des espaces de vie agréables, elle est riche de par sa jeunesse, sa superficie, sa situation géographique, ses nombreuses ressources naturelles, sa biodiversité, il y a Ariane, le fleuron de l’espace. Tout est là pour que la Guyane se développe brillamment. On le sait ! NOU GON KE SA* !

* créole : « Maintenant ça suffit ! »